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Quel média social pour quelle entreprise?

En laissant traîner mes oreilles parmi les seniors, lors du dernier Do You SEO, la remise en question de certains réseaux sociaux semblait faire consensus. À vrai dire, il ne s’agissait que d’une conversation volée et les deux conférences qui ont suivi, ont, bien entendu mis en lumière toute l’importance que prennent et que vont prendre encore les réseaux sociaux dans le référencement organique et l’acquisition de trafic à l’avenir. Néanmoins la dépréciation de Pinterest et Google Plus, lors de l’échange suscité, m’a pour le moins surpris.

À l’opposé, je fus tout autant interloqué par les nombreuses analyses qui ont fait suite à l’étude de la compagnie lab42 sur 1000 usagers des réseaux sociaux. Tout d’abord l’étude est particulièrement peu représentative des consommateurs en général, puisqu’elle ne porte que sur les utilisateurs des réseaux.

header of the facebook official fan page

Dans un second, l' »itération »: 50% des consommateurs américains pensent qu’une Page Facebook est plus utile qu’un site Internet a eu tendance à se transformer en une page Facebook est plus utile qu’un site web. Or il s’agit d’une représentation d’une population donnée et non de la réalité en termes de performances marketing.

Ce chiffre, somme toute impressionnant, s’explique par le retard dans l’intégration des stratégies marketing par le grand public. On a porté si haut les mérites de la gestion de communautés et des réseaux sociaux les années passées que Facebook apparaît comme un inévitable. Une surestimation qui a participé à son entrée en bourse calamiteuse.

Ce phénomène est assez universel, quelques individus à l’avant-garde ont porté ces réseaux au pinacle à un instant t, le grand public, aujourd’hui, les magnifie.

Entre cette conversation promettant l’enfer aux médias connexes et cette représentation du public ne jurant que par Facebook, il y a une marge certaine.

En ce sens, nous allons faire le tour des principaux réseaux et nous verrons que, suivant vos ressources financières et humaines, et suivant votre industrie, Google Plus et Pinterest méritent bien plus de considération que ce qu’on pourrait penser, et ce, malgré le fait que l’un fut enterré cet hiver et que l’autre ne fasse plus parler les webmarketers. Dans l’ordre: Facebook, Twitter, Google Plus, LinkedIn, Pinterest.

Facebook, le généraliste

Voici la Rolls du média social, on y trouve tout le monde. Le réseau social par excellence:

  • 900 millions d’usagers
  • 405 minutes par mois
  • 20% des pages vues
  • 63% entre 13 et 34 ans
  • 50% de la population nord américaine
  • 27.5% de la population européenne

Source: Facebook stats 2012

Age repartition sexe Facebook 2011

Source kenburbary.com

Avec ça qu’est ce qu’on fait?

  • On oublie pas que Facebook va être de plus en plus saturé de publicité.
  • Que les gens sont là pour avoir du fun, des nouvelles de leurs amis et des coupons des pages qu’ils ont aimé.
  • Qu’un post est vu en moyenne par 17% des suiveurs et cela devrait encore baisser.
  • Que Facebook n’est pas immortel.
  • On se demande s’il y a du sens à ce que son entreprise soit sur Facebook.
  • On se demande quels sujets autour de l’industrie de son entreprise pourraient intéresser les gens sur Facebook.
  • Et comment on va faire la promotion de sa page.

Il ne fait pas de doute que le potentiel de la compagnie, le sujet de la page, la politique éditoriale choisie ainsi que la stratégie de promotion de la page, sont autant d’éléments qui font passer votre page de quelques fans à plus d’un millier. Néanmoins le vendeur de vis du coin aura moins de chance de performer que la marque de prestige.

Le premier risque quand on lance une page c’est de n’avoir que des amis pour vous suivre. Voulez-vous vraiment vous adresser à vos amis?

Il n’y a évidemment pas de contre indication à être présent sur Facebook et réserver son nom de domaine facebook.com/nomdedomaine, mais la performance sera au prix d’un concept porteur, d’informations attrayantes, de votre prestige et de votre capacité à animer une communauté.

Twitter, le plateau chic

Salut, qu’est ce que tu fais dans la vie? Moi, je suis dans le web, le design, la mode et la politique, je suis une personne connue et je discute de l’actualité et j’exprime mon avis plus fermement que sur d’autres réseaux puis je blogue ça c’est sûr… Twitter c’est une plateforme de microblogging, un forum mondial dans lequel on s’exprime en 140 caractères, mais qu’est ce que font les politiques là-dessus:)

Twitter c’est branché… Il faut se le dire, vous ne vendrez pas facilement votre savoir-faire en termes de pose de carrelage.

  • 182 millions d’usagers
  • 89 minutes par mois
  • 40% des utilisateurs ne ne produisent aucun tweet
  • 57% des utilisateurs ont entre 26 et 44 ans
  • 57% de femmes

sources: frenchweb.frthesocialskinny.com

Avec ça qu’est ce qu’on fait?

Je préciserais que les utilisateurs de Twitter ont un niveau d’études plus élevé que la moyenne de la population et donc un porte-feuille plus important.

  • Mon public est-il présent sur ce réseau?
  • Ai-je du temps à y consacrer?
  • Suis-je à l’aise avec le principe?
  • Quel politique éditoriale vais-je mener?
  • Je n’oublie pas que Twitter traite à la fois de choses insipides et d’informations.

Si Facebook peut vous mettre en contact avec M. Toutlemonde, Twitter renferme une population spécifique. Vous imaginez interpeller une personnalité, un politique, un journaliste, ce peut être possible. Vous êtes blogueur, marketer, artiste, accroc de la mode, pourquoi n’êtes-vous pas encore inscrit?

Twitter c’est aussi une discipline à acquérir. Listes, Tag, langage, Twitter nécessite une certaine sensibilisation et il est difficile de ne pas en faire une contrainte. Vous y retrouverez peu d’amis, les discussions sont publiques et les us assez obscures pour le néophyte.

Google plus, la référence

Le titre est évidemment niaiseux, Google plus est, somme toute, assez désert. Nombre de personnes y sont inscrites mais peu y sont actives. Google plus est pourtant un essentiel pour le référencement de vos pages web (site, réseaux, blogue). Généraliste comme son grand frère Facebook, sa versatilité et sa gestion de cercles n’ont néanmoins pas encore séduit la population. Imaginons que Facebook perde en notoriété, Google Plus serait un pendant logique.

  • Une publication dans Google Plus accélère l’indexation de vos pages (sites web et autres)
  • Possibilité d’ajouter sa photo de profil dans les SERP (Search Engine Results Page)
  • Influence les recherches Google de tous vos suiveurs
  • 170 millions d’utilisateurs
  • 63% d’hommes
  • 35% 26-35 ans
  • 3 min par mois par utilisateur

Que fait-on avec ça?

Pas grand chose! Le retour sur investissement ne se fait qu’en termes de référencement organique, ainsi la relation client ou la recherche de prospect ne passera pas à proprement dit par le réseau, c’est d’une manière indirecte qu’il est, au jour d’aujourd’hui, essentiel. Pas de question à se poser, il faut y être.

  • Créez votre page et placez votre entreprise sur Google Maps
  • Créez votre compte et augmentez quotidiennement vos suiveurs
  • Recommandez (+1) les pages de votre choix
  • Partagez vos contenus
  • Signez vos contenus en ajoutant votre photo de profil dans les SERP

Par ses actions, vous augmenterez votre visibilité et votre CTR (Click Through Rate), votre taux de clics (l’ajout de votre profil et votre positionnement sur Google Maps en seront les raisons principales). Google plus c’est pas vraiment le fun mais ça sert.

LinkedIn, l’opportuniste

Linkedin est le plus grand réseau social professionnel au monde. On discute, on augmente sa notoriété et sa réputation, on trouve des leads, des futurs employés, de futurs employeurs. On y trouve des décideurs, des cadres, des entrepreneurs. C’est la place pour repérer et se faire repérer.

  • 150 Millions d’utilisateurs (10 millions de Canadiens, 1 Millions de Québécois)
  • 21 min par mois par utilisateur
  • 55% de 26-44 ans
  • Des centaines de questions posées auxquelles vous pourriez répondre.

Et puis?

LinkedIn a plus d’un atout en poche, certains recruteurs peuvent y passer jusqu’à 8 heures par jour, vos ressources humaines sont là et vous attendent. LinkedIn est devenu un outil formidable de prospection et de recherche de main d’oeuvre. Il est particulièrement intéressant pour les emplois qualifiés.

  • Créez votre profil
  • Connectez-vous aux personnes que vous connaissez
  • Utilisez LinkedIn de manière qualitative (pas de spam ou d’accroche sauvage)
  • Participez aux questions diffusées dans les groupes
  • Apportez de la plus-value

Une fois vos marques prises sur le réseau, vous pourrez sans doute passer à l’étape supérieure, créer un groupe, ouvrir un débat et récolter, à force de labeur, vos premiers résultats. Comme sur tout réseau, une politique éditoriale est nécessaire ainsi que l’établissement d’une routine rigoureuse, car c’est dans la régularité que réside une des principales clefs.

Pinterest, the cutest

Outrageusement dominée par une population féminine, Pinterest est une sorte de carnet de tendances partagé. Il permet des jeux de couleurs, de créer des pages selon les goûts et les thèmes désirés. Il est très utile pour tout ce qui a trait aux champs dominés par les femmes dans nos sociétés, décoration, art, design, mode… Il peut être une source de trafic certaine pour votre site web, si vous officiez dans un de ces domaines.

  • 70% de femmes
  • 11 Millions d’utilisateurs (essentiellement en Amérique du Nord)
  • 405 min par mois
  • 66% 26-44 ans

Et pins?

Vous êtes créateur, designer, vous vendez sur le web et vos images ont le potentiel pour aller enluminer les babillards de millions d’utilisateurs, n’hésitez pas à vous lancer dans le grand bain, l’application Android est toute fraîche et rend encore plus simple le suivi et l’alimentation des comptes.

Pinterest est donc particulièrement spécifique car dominé par une population donnée dont l’intérêt est centré sur une activité somme toute particulière, la collection d’images.

Tous les réseaux sociaux ne sont pas bons

Qu’on se le dise, il n’est pas toujours nécessaire de se positionner sur Facebook. Il s’agit d’étudier de près son public et sa capacité à alimenter différents comptes. Autre point important, si la réservation de vos noms de comptes est essentielle, il ne sert à rien d’être partout, au vu du fait que la plupart des réseaux correspondent à une population donnée pour une occupation donnée et que chacun aura des ressources limités pour exploiter la promotion de son entreprise sur les réseaux sociaux.

Petit exemple à prendre en compte:

En conseillant, une entreprise en juillet dernier, le co-président me dit une phrase qui met en lumière la représentation américaine sur les pages FB: « Un blogue? Mais je pensais que c’était fini ça, et qu’il n’y avait plus que Facebook. » Sauf que sur Facebook, on suit facilement son équipe sportive favorite mais on aura de la misère à suivre l’entreprise du coin!

 A contrario, si je me pose une question liée aux services qu’offrent votre entreprise, je ne chercherai pas la réponse sur Facebook, mais sur Google, là où votre blogue et votre site web peuvent être référencés.

Pensez bien les réseaux sur lesquels vous allez développer votre image et gardez en tête que votre site web doit être le lieu de convergence de votre e-réputation et réclame toutes les attentions.

NB: À la lumière de l’infographique suivante (je tiens à cette orthographe, car c’est bien une infographie couplée de graphiques), on peut noter la sur-représentation des plus de 26 ans sur tous les réseaux, les jeunes adultes tiennent un certain retard… Affaire à suivre ou à commenter…

infographique utilisation des médias sociaux

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Vincent Drouin
 

Dans le marketing web depuis 2008 au sortir de mes études de sociologie, si le coeur de ma spécialisation est le SEO, j'aime les approches transversales orientées vers l'acquisition de trafic qualifié et la conversion. Mes péchés minions: Les 33 tours, le web, l'histoire des langues et des peuples.

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  • J’ai un autre inconvénient majeur pour la petite entreprise (surtout pour l’artisan) qui veut être présent(e) sur FB pour augmenter sa côte.
    Si je ne me trompe pas, un compte rarement alimenté aura tendance à passer inaperçu lors des publications. J’ai remarqué qu’avec tous les contacts et pages suivi(e)s sur FB, notre fil d’actualité est trié en fonction de ce qu’on « suit » le plus!

    • Exactement! Je ne le dis pas forcément clairement dans l’article, mais depuis un peu plus d’un an, un changement d’algorithme a fait clairement plonger les publications. D’où le 17% en moyenne, mais si on ne publie pas régulièrement, si les personnes n’interagissent pas avec vous, si vous n’êtes pas dans la zone géographique de la page, s’il n’y a pas d’efficacité du post en termes de viralité, il pourra être complètement invisible et largement chuté sous les 10%.
      Certains spécialistes conseillent une publication toutes les 3 heures mais c’est un stratégie délicate et chronophage.

      Je suis plus de 1200 pages et je ne pense pas voir plus de 10% d’entre elles…

      Au final comme pour Google, il faut garder en tête que les publications
      commerciales prendront de plus en plus de place et qu’il s’agit donc de s’adapter et de se préparer à ça.
      Notamment par une site web apte à la conversion et optimisé pour le référencement, afin d’avoir une longueur d’avance au moment d’un passage au tout commercial, à moins que les internautes ne reviennent à Bing ou Google Plus, espaces moins publicisés, bref, une histoire d’oeufs et de panier:).

      De mon côté je dirais que 80% de mes clients avaient ou voulaient avoir une page. Toutes font ou feront moins de 100 fans (avec un majorité d’amis, et 10% de visibilité pour un CTR ridicule). D’un autre côté si l’entrepreneur arrive à trouver un concept qui n’est pas centré sur son entreprise et qui propose un bon équilibre entre l’information, la promotion et le fun, là la page peut devenir une source de trafic essentiel.

      As-tu beaucoup demandes pour le développement des médias sociaux?

      • Oula! Milles excuses, ton commentaire m’était complétement passé inaperçu…..

        Personnellement non, je n’ai pas énormément de demandes de développement sur les médias sociaux.
        En revanche, j’ai souvent des questions, relativement basiques qui se résument à ; quels sont les avantages/besoins/inconvénients d’une présence sur Facebook?
        (« inconvénients » car les personnes qui ne connaissent pas FB ont des à-priori souvent négatifs, -sinon ils connaîtraient!)

        Mais certains de mes clients connaissent déjà Facebook pour y avoir un compte personnel, dans ce cas on me demande très rapidement de faire un bouton+lien sur le site, faisant eux-même leur propre page Facebook d’entreprise, juste histoire d’être présent.

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  • Pat Dn

    Pour un travail universitaire, quel est l’étendue approximative des prix que peut charger un gestionnaire de communauté présent sur les médias sociaux pendant 1 an pour promouvoir un petit objets nouvellement commercialisé ?

    • Bonjour, merci pour votre message.
      Je pense qu’il faut évaluer le temps de travail, veille, administration, programmation, publication et proposer un tarif en fonction de votre valeur (expérience / réputation).
      Je trouve les services de gestion de communauté difficile à vendre et évaluer, je préfère amplement la consultation, préconisation.

  • Pat Dn

    quelle est *
    et petit objet *
    désolé